Amyn Jaafar, l'ingénieur hospitalier derrière DBCare
Ingénieur hospitalier au CHU de Nice devenu développeur full stack, Amyn Jaafar a co-fondé DBCare pour transformer la collecte de données en formulaires et bilans exploitables.
Par Jean Weber

Sommaire
Avant d'écrire la moindre ligne de DBCare, Amyn Jaafar a passé des années à l'hôpital sur le même casse-tête : comment faire pour que des soignants saisissent des données propres, vite, sans y laisser leurs nerfs. DBCare, c'est cette galère transformée en produit. Portrait d'un ingénieur qui a fait le chemin du couloir d'hôpital jusqu'au code.
Qui est Amyn Jaafar ?
Amyn Jaafar est un ingénieur full stack français, co-fondateur et directeur général de DBCare. Sur le papier, son intitulé tient en trois lignes : ingénieur hospitalier, développeur full stack, fondateur. Dans les faits, il mène ces casquettes en parallèle. Depuis mai 2020, il est ingénieur hospitalier au Centre Hospitalier Universitaire de Nice. Depuis mai 2023, il est aussi ingénieur full stack à l'École normale supérieure Paris-Saclay. Et depuis février 2024, il porte DBCare avec un associé.
Son parcours est cohérent du début à la fin : il a toujours codé pour des gens qui manipulent de la donnée de terrain. Avant Nice, il avait fait de la recherche à la National Technical University of Athens (reconnaissance d'engagement par réseaux de neurones, données ECG et capteurs de pression), et plusieurs stages d'ingénieur du côté de la Fondation Garches, sur l'analyse du mouvement et la rééducation. Le fil rouge : transformer des signaux bruts (capteurs, caméras, formulaires) en quelque chose d'exploitable.
DBCare, ça fait quoi concrètement ?
DBCare est une plateforme qui sert à créer des formulaires sur mesure, à collecter les réponses, puis à les visualiser, les extraire et en sortir des bilans. Son slogan, « Perfectionnez vos données », résume l'idée : tu construis ton formulaire avec les briques dont tu as besoin (champs texte, cases à cocher, sliders, menus déroulants, boutons radio, dates, nombres, fichiers), les données rentrent dans une base, et tu génères des comptes rendus à partir de là. L'objectif affiché est de supprimer les étapes manuelles et chronophages entre la saisie et le rapport final.

Dit autrement, DBCare se place sur le triptyque formulaire, données, bilan. Là où beaucoup s'arrêtent au formulaire (récolter une réponse) ou au tableur (stocker la donnée), l'outil veut couvrir la chaîne complète jusqu'au rendu. C'est exactement le maillon que les soignants, les chercheurs ou les équipes terrain bricolent d'habitude à coups de Google Forms exportés vers Excel, puis recopiés à la main dans un document.
Pourquoi un ingénieur hospitalier construit un outil de données ?
Parce qu'il a vécu le problème de l'intérieur, et à grande échelle. Au CHU de Nice, Amyn Jaafar a implémenté une application web permettant aux cliniciens de saisir les données pour une plateforme dédiée à la fragilité (un backend Django, un front en ReactJS-TypeScript, une base PostgreSQL). Cette application a servi à plus de 1500 patients. Il l'a mise en production sur un serveur dédié (Docker, NGINX), puis il a automatisé les traitements de données cliniques : les bilans, les CRF (les fameux cahiers d'observation, ces formulaires standardisés au cœur de toute étude clinique).
Quand on a passé des mois à fabriquer ce tuyau à la main pour un service hospitalier, on voit vite que le besoin dépasse un seul CHU. Le travail à Nice ne se limitait d'ailleurs pas aux formulaires : optimisation des traitements de données dans une salle d'analyse quantifiée du mouvement (sous Matlab), analyse du mouvement sans marqueurs, fusion de caméras RGB-D, scripts pour traiter le signal venant de matériels d'évaluation comme le Biodex, des centrales inertielles (IMUs) ou l'Optogait. Beaucoup de sources, beaucoup de formats, un seul objectif : que la donnée finisse propre et lisible. DBCare est la version produit de cette routine.
Une jeune SAS co-fondée avec Jimmy Salies
DBCare est une SAS créée le 20 février 2024, avec Jimmy Salies comme président et Amyn Jaafar comme directeur général. Les deux ne se sont pas rencontrés par hasard : ils travaillent ensemble à l'ENS Paris-Saclay (du côté du Centre Borelli), notamment sur BrevetAI, un dispositif pédagogique d'acculturation à l'intelligence artificielle porté par l'Université Paris-Saclay dans le cadre de France 2030. Sur ce projet, Amyn Jaafar et Jimmy Salies sont tous les deux sur la partie développement. Le binôme de DBCare, c'est ce binôme-là.
La société reste à un stade très précoce : 2000 euros de capital, aucun salarié déclaré, et un siège qui a déménagé de Nantes vers Créteil dès avril 2024. C'est le profil classique d'un projet lancé par deux développeurs en marge de leur activité principale, pas celui d'une startup déjà financée à coups de levées. À côté de DBCare, Amyn Jaafar continue d'ailleurs de coder à l'ENS : il a aussi mené la refonte du journal de recherche IPOL (ReactJS, Python, FastAPI, PostgreSQL). Autrement dit, DBCare avance en parallèle d'un vrai métier d'ingénieur.
À qui DBCare peut parler, au-delà de l'hôpital ?
À tous ceux qui collectent de la donnée structurée à la main et qui en perdent ensuite la moitié dans des fichiers. Sur son site, DBCare ne se présente pas comme un outil exclusivement médical : la plateforme est générique. Mais son ADN vient clairement du soin, où la collecte propre et la traçabilité ne sont pas du confort mais une nécessité. Manipuler de la donnée de santé impose en plus un cadre réglementaire serré, que nous avons détaillé côté RGPD et conformité de l'IA. Ce qui marche pour une cohorte de 1500 patients peut servir un laboratoire de recherche, une association qui suit des bénéficiaires, un cabinet qui standardise ses comptes rendus, ou une PME qui veut arrêter de recopier des formulaires dans un tableur.
Reste à transformer l'essai. DBCare est jeune, l'équipe est réduite, et le marché des outils de formulaires et de bases de données est déjà peuplé (de Google Forms aux solutions no-code spécialisées). L'atout d'Amyn Jaafar n'est pas une promesse marketing, c'est un vécu : il a construit ce type de chaîne pour de vrais soignants, sur de vrais volumes, avec les contraintes de production qui vont avec. Pour qui croule sous la saisie et les rapports à compiler, c'est un profil rassurant. La suite dira si DBCare trouve son public hors des murs de l'hôpital.
Pour explorer d'autres profils et outils côté code, faites un tour dans notre rubrique développement & programmation.
FAQ
C'est quoi DBCare ?
DBCare est une plateforme en ligne pour créer des formulaires sur mesure, collecter les données saisies, les visualiser et en générer des bilans automatiquement. Son slogan est « Perfectionnez vos données ». L'idée est de couvrir toute la chaîne, du formulaire au compte rendu, sans étape manuelle entre les deux.
Qui a fondé DBCare ?
DBCare est une SAS créée en février 2024 par Jimmy Salies (président) et Amyn Jaafar (directeur général). Les deux sont développeurs et travaillent ensemble à l'ENS Paris-Saclay, notamment sur le projet BrevetAI de l'Université Paris-Saclay.
Qui est Amyn Jaafar ?
Amyn Jaafar est un ingénieur full stack français. Il est ingénieur hospitalier au CHU de Nice depuis 2020 et ingénieur full stack à l'ENS Paris-Saclay depuis 2023, en plus de co-fonder DBCare. Son parcours tourne autour d'un même thème : transformer des données de terrain (cliniques, capteurs, formulaires) en informations exploitables.
DBCare est-il réservé au secteur de la santé ?
Non. La plateforme est présentée comme un outil générique de formulaires et de données. Son origine est hospitalière (elle est née du travail d'Amyn Jaafar au CHU de Nice sur la saisie clinique et l'automatisation des bilans), mais elle s'adresse à toute équipe qui collecte de la donnée structurée et veut en sortir des rapports.
DBCare remplace quoi, concrètement ?
Il vise à remplacer le combo formulaire plus tableur plus document recopié à la main. Là où l'on enchaîne souvent un Google Forms, un export Excel, puis un compte rendu rédigé à part, DBCare cherche à faire tenir la saisie, le stockage et le bilan dans un seul outil.
Sources
- DBCare (site officiel) : page produit, fonctionnalités et slogan de la plateforme
- Fiche entreprise DBCARE (Pappers) : registre légal de la SAS, dirigeants, date de création et siège
- Profil LinkedIn d'Amyn Jaafar : parcours professionnel détaillé (CHU de Nice, ENS Paris-Saclay)
- BrevetAI : plateforme pédagogique de l'Université Paris-Saclay à laquelle il a contribué


